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Yovo, yovo, bonsoir...

 

de

Christophe Verna

_Aventures africaines_

 

verna@free.fr           : 06.14.04.94.14

Dépôt au SNAC n° 3-5077 du 10/10/2003

Dépôt à la SGDL n°

2004.10.0053 du 06/01/2004

 

 

 

    Synopsis du scénario

« Yovo, yovo, bonsoir… » 

 

Scénario : http://yovoyovo.free.fr/scenario.htm 

 

Texte intégral : http://yovoyovo.free.fr/texte.htm

 

Site : http://yovoyovo.free.fr/

 

Le film débute sur le marché de Bergerac.           

Christophe, derrière son banc de surplus américains, essaie vainement de vendre sa marchandise.

Une voix, provenant de l’étal d’un grand black en boubou, lui demande s’il a vendu quelque chose, c’est Doudou qui vient du Sénégal.

Christophe : « Ne m'en parle pas, j'en ai marre, je ne fous rien, je vais finir ruiné!!!!! »

Doudou lui répond : « Pour moi, pas de problème, j'ai acheté une 404 150 €, j’attends encore une semaine, et je retourne chez moi à Saint Louis du Sénégal, je la vends sur place 1800€, et ma saison d'été sera largement positive. »

Christophe : « Tu peux m’expliquer çà en détail ? »

Doudou : « C'est très simple, j'achète une 404 break, familiale ou plateau entre 150 € et 300 € en France, je descends l'Espagne, je prends le bateau d'Algeciras à Ceuta au Maroc. Je longe la côte, traverse la Mauritanie, et après 3500 kilomètres, je suis arrivé chez moi. Je vends la voiture entre 1700 € et 1800 €, je n'ai pas d'avion à payer pour le retour, et un bénéfice d'au moins 1200 € qui complète si bien ma saison que je peux me laisser vivre jusqu'à l’été prochain sans ne me priver de rien... »

Christophe : « ça m'intéresse drôlement cette histoire, tu me gardes mon stand ? Je vais acheter une carte.

Carte en main, Doudou explique le chemin à suivre point par point à Christophe, cela ne lui paraît pas bien compliqué à ce dernier. Il décide de vendre tout son stock à un autre marchand et d’aller voir le soleil du Sénégal.

1ère voiture : Après avoir acheté une 404 familiale à un garagiste et mis quelques affaires dedans, il part vers l’Afrique.

Le premier écueil  surgit en bas du Maroc, à Tan-Tan, car le front Polisario fait sauter les convois qui passent dans le désert Mauritanien, les africains passent, pas les Européens, ce, sans exception.

Christophe, après avoir consulté sa carte voit que pour parvenir à son but initial n’a que deux solutions passant par l’Algérie, les deux, via le Sahara, soit par Adrar, soit pas Tamanrasset. Il décide de prendre par le plus court et se prend la route vers l’Algérie.

Après diverses rencontres et péripéties, Christophe vend sa voiture en Côte d’Ivoire.

L’aventure lui ayant plu, malgré les diverses tribulations ayant accompagné cette descente ainsi que la remontée en France par le Sahara, Christophe décide de réitérer l’expérience.

2ème voiture : Une 404. Ayant fait la connaissance d’un couple de Français lors de la remontée, les trois décident de faire la prochaine descente ensemble par Tamanrasset. Un copain de Christophe, au chômage, demande à l’accompagner, il accepte car le type est sympa, il n’aura qu’à payer ses repas, gîte et billet de retour.

Le couple de Français, a acheté des voitures en mauvais état, ils décident de les faire réparer à Agadez sans avoir consulté Christophe. Cette opération pouvant prendre un temps plus que certain, Christophe presque à court d’argent leur explique la situation, et qu’il a décidé de continuer sans eux.

Passage par le Togo où ils sont arrêtés, soupçonnés de mercenariat, voiture vendue à Cotonou.

Les deux compères, pour épargner un retour, ou long, par la piste Saharienne, ou cher, après être remontés en 404 plateau, achètent des billets Ougadougou-Niamey, ils font semblant de dormir à Niamey, la station d’après est Paris, pas de problème.

3ème voiture : Une 404 achetée chez des gitans.

Moteur gelé en Espagne lors d’un repos dodo.

Au Maroc, problème de carte grise qu’il n’a pas changée pour s’épargner des frais, l’affaire fini par s’arranger.

Voiture vendue à Porto-Novo, au Bénin. Christophe prend l’avion à Lagos après avoir changé les nairas au marché noir (2 fois moins cher).

4éme voiture : Une 404, légalisation de l’acte de vente à la mairie du coin pour éviter les problèmes de la descente précédente à la douane Marocaine.

Pillage d’une voiture abandonnée dans le Sahara. 20 kilomètres avant Gao, rencontre d’un ancien légionnaire qui compte traverser le Sahara vers le Nord en scooter.

Capture d’un python sur la piste vers Cotonou.

Vente de la voiture à Abomey, ancienne capitale du Bénin et du fameux roi Béhanzin.

Embrouille à Lagos où Christophe s’est embarqué sans visa car son passeport et plein et que le consulat du Nigéria exige une page vierge pour mettre le placard qu’est le visa, il s’en sort vraiment limite en négociant un visa provisoire de 48 h.

5éme voiture : Une 404 ancien modèle.

Christophe va déclarer son passeport perdu afin de pouvoir en faire refaire un nouveau tout en gardant celui-là.

Christophe trouve une combine dont il n’est pas peu fier, pour ne pas transvaser l’essence du fût au réservoir en siphonnant, il perce le gros bouchon fermant le bidon de 200 litres, fait passer et braser à travers un petit tube de métal, le but du jeu est qu’une fois le réservoir de la voiture vide, il relie avec un tuyau souple la pompe à essence directement au tonneau, il prolonge le bout de tube en fer donnant à l’intérieur du baril par un tuyau de plastique lesté d’un boulon pour aller au fond, ainsi son deuxième réservoir sera de 200 litres, pas de siphonage, de manipulations ni d’évaporation……. la perfection.

Il ramasse au fil des villes traversées, des revues, type Paris-Match, jour de France, ici-Paris et autre pour faire des cadeaux très appréciés des gens croisés sur les routes Africaines.

Il se fait prendre à la sortie du territoire algérien, car il a vendu plusieurs grosses pièces mécaniques qui ne figurent plus sur le carnet de devises. Voiture, papiers, argent confisqués, très grosse amende. Christophe s’en sort grâce à un copain restaurateur d’Aïn-Sefra qui le dirige vers une personne bien placée à Adrar.

De nuit, au milieu de l’Adrar des Iforas, sur une portion de route surélevée, une fusée rouge monte dans le ciel,  Christophe s’arrête, dirige les phares dans la direction d’où vient l’alerte, attend un bon moment, soudain lui vient une sensation de danger immédiat, il démarre sur les chapeaux de roues.

Vingt kilomètres après Aguelhok, transport d’un garde chasse Malien qui lui vend des dents d’hippopotame.

Vente de la voiture à Abomey.

Lagos, juste avant d’embarquer dans l’avion, un douanier se saisi de la sacoche de Christophe qui contient son argent, il est sauvé par des Mamas africaines allant acheter du tissu en Hollande, elles pèsent plus du quintal, et le sortent de sa situation difficile en bastonnant les douaniers à coups de sacs à mains.

6éme voiture : Un break 404 bronze métallisé, Christophe charge 3 futs de 200 litres.

À Mellila, il achète 5 bouteilles de whisky, il en cache 4, entourées dans un journal dans les portières, une bouteille, acheté 2 euros en zone dédouanée est revendue très facilement 300 dinars en Algérie, le litre d’essence est vendu 0,65 dinars ce qui donne plus de 450 litres d’essence pour 2 euros, d’où les futs destinés à vendre l’essence au Mali. De l’huile apparait dans l’eau de refroidissement du moteur.

Ayant une crise de paludisme, un français lui dit que le mieux est de ne pas prendre de médicament préventif, et que lorsqu’une crise arrive, de prendre du Quinimax.

Encore un petit accrochage à la douane d’Adrar.

Anéfis, un Bedford bourré de nigérians qui remontent vers Reggane, est en rade depuis une semaine ; dans le poste de police, un flic, réprobateur, lui montre l’un des passeports ; Nom : Rasta ; Prénom : Rasta ; Adresse : Rasta, tout le reste à l’avenant, il dit à Christophe qu’il ne peut rien faire car le passeport a l’air authentique. Pour le rasséréner, Christophe lui dit qu’arrivé en Algérie, le possesseur du document humoristique va regretter son manque d’imagination.

Vente de 500 litres d’essence à 0,75 euros à Gao, pour une fois, Christophe n’est pas serré en argent.

Aéroport de Lagos, au dernier barrage avant d'entrer dans l’avion, fouille, Christophe a planqué son argent dans ses Clark en daim souple, un douanier le fouille, descend, arrive aux chaussures, les presse légèrement, les billets craquent, le type le regarde avec des yeux bizarrement flous, comme à travers lui, refait craquer les billets, tout en continuant à le regarder de cette curieuse façon, il ne bronche pas, l’autre se relève, et lui dit doucement avec un petit signe de la main, d’y aller.....

 

7éme voiture : Une 504 berline bleue, le vendeur, pensant que le pont arrière est mort, la vend 900€, il tente le coup, au pire, si cette pièce est vraiment défectueuse, on la   
                        trouve facilement d’occasion.

Finalement, seuls les silentblocs sont cassés, après les avoir changés, tout rentre dans l’ordre, on ne peut pas dire que la réparation lui ait donné beaucoup de mal!

Lalinde, le pharmacien se fait tirer l’oreille pour lui vendre du Quinimax, Christophe est obligé d’expliquer qu’il en a besoin lors de ses voyages africains, son passeport avec les multiples tampons fait le reste.

 

Christophe déplace le siège arrière pour y loger un fut de 200 litres, le gros bouchon de transvasement d’essence, récupéré lors du voyage précédent, est prêt à reprendre du service.

 

Sur la route, c’est un régal, 11cv, carburateur double corps, de super reprises, sans consommer plus qu’une 404 ; ayant des ratés en cours de route, il doit gratter les vis platinées avec un petit caillou plat, elles ne l’embêteront plus ; il arrive à Alméria sans s’en rendre compte.

 

L’embarquement se fait le soir, il y a toujours les Arabes guettant les retardataires pour vendre les pesetas beaucoup plus chères que le cours normal, car les banques sont fermées.

 

Douane algérienne, un couple de jeunes Italiens est déjà à la fouille des bagages, le douanier, en dévissant le cul d’une bouteille thermos trouve des francs français planqués, quand Christophe repart des bureaux, ils y sont encore ; il ne pense pas que cette histoire ira bien loin, mais les fonctionnaires vont les emmerder un bon moment.

 

Niamey, attroupement de curieux à l’entrée de la ville, il ralenti pour voir la cause de l’émoi, les flics sont en train d’installer un radar, on aura tout vu !

Moins rigolo, le « grand marché » a entièrement brûlé, il y a eu beaucoup de morts, car les commerçants, pour protéger leurs boutiques de bois armées de tôles de bidons, y enferment les gardiens à clé toute la nuit, et les pauvres types n’ont, pour la plupart, pas pu sortir.

 

Adrar, un Algérien lui demande de le prendre en stop pour traverser le Tanezrouft, il est habillé en tenue de ville, petites chaussures de cuir, petit sac contenant quelques affaires, Christophe lui répond que le stop n’existe pas, qu’il lui prend 38€, il prétend ne pas avoir cet argent, ils transigent à 300 dinars qu’il planque pour la prochaine fois dans le caoutchouc du pare-brise.

 

Vente rapide de la voiture à Porto-Novo, retour à Cotonou où il va prendre un visa pour le Nigeria.

A l’aéroport, Christophe demande un Lagos-Bergerac, évidemment ça n'existe pas, mais il arrive à sortir un Lagos-Paris/Paris-Bordeaux ce qui me permet d'aller voir ses parents en banlieue parisienne, et, avec l’équivalent des 100 ff = 15€ qu’il a mis de mieux dans le billet, faire plus tard Paris-Bordeaux dans un petit avion, ce qui lui semble très abordable.

8éme voiture : À nouveau ruiné, Christophe va faire les vendanges près de Bergerac.

Il  trouve une 404 break bronze métallisé exactement comme celle achetée aux Hollandais lors de l’avant dernière descente, à part qu’elle a tout l’avant très enfoncé, les deux longerons avant sont tordus, 55.000 kilomètres d’origine (ce qui est peu) ; hormis le carton, elle est comme neuve.

Avant de l’acheter, il en parle à un copain garagiste et carrossier chez qui il prépare ses voitures, après avoir vu les dommages, ce dernier lui dit qu’il y a beaucoup de boulot, mais que c’est du classique : Il faut démonter toute la mécanique, moteur, boîte à vitesses, pont arrière ; couper tout l’avant au marteau et burin, longerons compris, faire la même chose sur une autre non accidentée, présenter la nouvelle pièce et souder l’ensemble sur un marbre (forme qui permettra à la voiture de ne pas sortir en vrille), remonter, repeindre. Christophe l’achète 600 francs.

 

Un copain artiste peintre, l’aide à couper l’avant d’une 404 repérée à la décharge, cela leur prend, se relayant, trois heures un après-midi. Puis il découpe proprement au burin tout l’avant de son acquisition juste sous le pare-brise, longerons compris.

Le copain carrossier soude le tout au chalumeau, puis, Christophe remonte la mécanique. Son frère, grand spécialiste en peinture automobile transforme ma citrouille en carrosse.

Tlemcen ; Christophe s’apprête à entrer dans un restaurant quand un type en sort, du sang partout, soutenu par ses copains, une serviette éponge pour contenir l’hémorragie, il vient de prendre un coup de rasoir dans le visage; Christophe va manger un peu plus loin.....

 

Maintenant, pour les pièces, il ne se casse plus la tête, il les vend dans les garages où il a déjà sévi. La plupart des garagistes connaissent la contrainte du carnet de devises, et savent qu’il faut qu’il ressorte les mêmes pièces (fichues ou pas) que celles inscrites, il demande donc de faire un échange standard avec leurs matériels défectueux, ça passe très bien.

 

Des blacks lui disent que l’ambassade de Guinée cherche une voiture exactement comme la sienne, il décide de tenter le coup, bien que ce genre de renseignement qui permet à l’indicateur de voyager gratis, sente un peu l’embrouille. Un guide de chasse doit se rendre à Mopti, ils partiront ensemble, deux Lyonnais en 504 les suivent.

 

Mopti, ils vont dîner dans un restaurant un peu classe car c’est le seul endroit ayant de la bière fraîche. Il y a déjà 5 ou 6 Belges et un couple de Français : Dominique et Lien, tous deux ont vendu leurs voitures et continuent vers la capitale.

 

Christophe décide d’aller à l’ambassade de Guinée, voir si le tuyau était bon. L’information était exacte, c’est ce modèle qu’ils cherchaient, ils tombent d’accord à 1.600.000 f. maliens= 2450€. Ils n’ont, soi-disant, plus de liquidité, ne leur restent que des chèques, Christophe répond qu’il est désolé, il ne prend que du sonnant et trébuchant, une heure plus tard, ils le paient.

 

Christophe avait posé ses pénates dans un boui-boui africain dans lequel résidaient déjà trois français dont l’un n’a pas vendu sa 404 plateau, mais il n’est pas trop décidé à la céder car, l’ayant achetée neuve en France, il n’en aurait jamais tiré la moitié de sa mise de fond, les autres ont déjà fait affaire, les décider à remonter ensemble ne fut pas un tour de force.

 

Ils sont trois, plus Lien et Dominique, un Ivoirien recruté par lui pour préparer des voitures en France et lui, sept, pour une 404 plateau, bagatelle !

En fin d’après midi, ils règlent et remercient leur hôte de l’excellent séjour qu’ils ont passé chez lui.

 

A Gao, Dominique et Lien retrouvent un type sympa, genre baba cool, il est fauché, et vit avec une Malienne qui fut danseuse quelques années au Crazy Horse Saloon et subsiste de la petite retraite versée régulièrement de France pour ses prestations parisiennes, il demande s’ils peuvent le ramener en France, bien sûr, pas de problème.

 

Ariège, près de Foix, le village squatté par les copains est perdu dans la montagne, ils y ont des chèvres et les femmes en commun, l'herbe sur la table dans une grande boîte à sucre…

 

Se remémorant le voyage, ils calculent qu’il y une semaine, ils étaient à Bamako, s’étant relayés au volant, la moyenne est plutôt bonne, le voyage leur est revenu à 500 ff chacun (gratos pour le baba).

Le lendemain, Christophe leur demande de le redescendre en ville pour prendre le train, adieux…

 

9éme voiture : 404 berline d’un modèle rare, 7 Cv, alors que les autres font 9 Cv, caisse, boîte à vitesses modernes, mais avec un seul compteur ; le pont arrière grogne
                       salement, Christophe en vérifie le niveau d’huile, il y a ce qu’il faut, il tiendra bien jusqu’à Cotonou. Il l’achète car elle est en très bon état, bien que n’avoir
                       que 7 Cv sous le capot le chiffonne, il a peur que ce soit un peu léger pour passer les bancs de sable.

 

Christophe n’a plus un outil disponible, pas même une paire de pinces, mais il connaît bien la piste maintenant, et décide de jouer le coup ainsi.

Il prend une roue de secours en plus, un fût de deux cent litres et son kit nourrice, quelques jerrycans de plastique aimablement consentis par les pharmaciens, le réservoir moitié plein, il ne dispose que de 180€ pour descendre jusqu’au Bénin, ça frise l’incorrection, d’autant plus que la traversée de la Méditerranée lui coûtera 75€ !

 

Attendant le bateau à Melilla, il rencontre deux types qui descendent en R12, c’est la première fois qu’il voit faire le business avec une Renault !

Le passager, un brun, genre zonard teigneux, sort un Opinel et lui dit qu’il vient en Afrique pour enlever un œil à sa copine qui s’y est fait la belle avec un type.

 

Cent bornes avant Gao, un petit touareg lui fait signe, il s’arrête, le gamin lui montre sa main bleue et gonflée comme un gant à vaisselle dans lequel on aurait soufflé, il lui dit « scorpion », l’un de ses rares mots français, Christophe pointe son index sur lui, puis vers le sud, dit « Gao », le petit comprend qu’il veut l’emmener, mais refuse, il insiste en vain ; n’ayant rien pour le soulager, Christophe repart en louchant dans le rétro des fois qu’il change d’avis.

 

Lors d’un vent de sable rasant, Christophe se perd durant une centaine de kilomètres avant de retrouver son chemin.

 

Il vend quelques pièces de 404, mais, n’étant pas trop ferré, il ne s’attarde pas à Gao, et le lendemain matin, droppe sur Niamey.

 

Parakou, Nestor chez qui il s’arrête à chaque descente a été retrouvé deux jours auparavant, mort dans son lit, le ventre tellement gonflé qu’il a fallu l’enterrer dès le lendemain avant qu’il n’explose, ça sent l’empoisonnement.

 

Vente de la voiture à Abomey.

 

Le voyage vers Lagos s’effectue sans problème particulier, Christophe a mis les sous de la voiture et du passage dans son slip ; sa sacoche Tamashek, passée autour du cou le colle car il pleut et l’air est étouffant, elle contient son passeport, deux petits bracelets d’ivoire et 500 ff changés à un français. Il la pose sur la plage arrière, le taxi part avec la sacoche oubliée.

 

Christophe explique aux copains comment passer la douane et la police sans passeport, tout se passe bien.

À l’aéroport de Paris, le chef de la police est un petit rondouillard en civil qui fume la pipe, tout en lisant un document, il lui demande ce qui lui arrive, Christophe lui narre brièvement son histoire de sacoche, l’autre lui dit pensif : « c’est chaud le Nigeria », ils discutent de choses et d’autres, puis il lui demande de remplir une petite fiche : nom du père, nom de jeune fille de la mère etc……pas grand-chose, une fois cette fiche remplie, Christophe la lui tend, il lui dit : « vous pouvez y aller ».

Réfléchissant plus tard, Christophe comprend que le chef flic, en discutant de choses anodines, a fait un diagnostic rapide : 1° qu’il était bien français, 2° que son air tranquille l’a assuré qu’il n’avait rien à se reprocher, analyse rapide, initiative personnelle ; chapeau !

 

10éme voiture : 404 breack

 

Nouvelle déclaration de perte de passeport (réelle, celle-là), nouveau passeport.

Dominique lui demande de le descendre en Algérie car il doit faire du business avec un Algérien d’Adrar qui avance les fonds en francs français, mais son correspondant à Paris se fait tirer l’oreille pour lâcher l’argent.

 

Almeria, Mélilla, Christophe fait son plein de bouteilles de whisky dans les portières, ayant entendu dire que les douaniers y sont moins tatillons, il essaie de passer par  Figuig. En plus des 4 bouteilles planquées dans les portières, il prend 3 bouteilles d’anisette réparties en divers points de la voiture.

Effectivement, les douaniers sont moins teigneux qu’à Oujda tout se passe bien !

 

Visite au copain d’Aïn-Sefra.

Arrivant le soir à Béchar, ils discutent avec un jeune de 17-18 ans qui trafique un peu de tout, Christophe lui vend deux bouteilles de Whisky 400 dinars (il faut bien encourager le petit commerce), l’acheteur les invite à manger un couscous chez lui. Lorsqu’ils redescendent deux heures plus tard, Christophe trouve son pare-brise sous la voiture, le joint a été découpé ; lunettes de soleil, fringues, papiers volés, heureusement, qu’il avait son argent sur lui, et ses quelques outils à l’arrière !

Le môme fait le désolé, mais Christophe est persuadé que c’est cet enfoiré qui a monté le plan.

Il attrape l’indélicat, et lui fait comprendre qu’il sait que c’est lui qui a fait le coup, qu’il ne réclame rien de ce qui a été volé dans sa voiture hormis les papiers, car sans eux, il est coincé, que, si cette nuit, ils ne lui sont pas rendus, demain, il ira à la police, qu’il devra préciser les circonstances du vol et sera obligé de l’impliquer.

 

Dominique lui dit déjà qu’il ne va pas pouvoir rester avec lui, vu qu’il est planté sans papiers.

 

Le lendemain, miracle, les papiers sont posés sur le capot. Réparation du pare-brise

 

Christophe largue Dominique chez ses copains d’Adrar, va saluer l’ami Ramdann.

 

Christophe vend sa voiture 1350€ assez vite à Abomey.

 

Au Bénin Palace, un jeune Français cherche à vendre 600€, sans résultat, une Renault "Prairie" plateau des années 50, moteur 2,4 litres, 11 Cv, Christophe se dit que ce serait un bon moyen de remonter, cela lui reviendrait au prix d’un billet d’avion, (sans les aléas de l’embarquement à Lagos), arrivé en Dordogne, lui resterait l’auto, après avoir examiné l’engin, il l’achète sans marchander et revient en Dordogne avec.

 

11éme voiture : Une 404 berline ancien modèle en très bon état, pas chère, il en fait l’acquisition car, ayant ratissé le secteur, il n’en trouve pas de plus récente.

 

Dominique et Lien, descendant en 504, ils décident de voyager de concert.

 

Embrouille à Béchar, Lien et Dominique se font coincer à vendre des pièces, Christophe ayant vu le coup, va garer sa voiture assez loin, et revient avertir leurs clients, qui, mouillés dans l’achat de pièces hors douane, sont obligés de faire intervenir leurs relations, dépêtrant par la même occasion  Lien et Dominique, tout se passe selon le plan.

 

À Tillabéri (Niger), Dominique se fait piquer par un scorpion.

 

La nouvelle expression africaine du moment est « nous sommes conjoncturés ».

 

Vente de la voiture à Porto-Novo ; à Cotonou, le soir, Christophe va manger chez un Français qui tient un restaurant sympa assez classe près du bord de mer, après avoir bu l’apéro avec des confrères, ils vont manger dans l’arrière salle, un couple y est attablé, il ne sait pas si ce sont des bribes de leur conversation entre-entendue d’une oreille distraite, ou la description que lui en avait faite son chevaucheur précédent, mais Christophe est subitement persuadé que c’est la fille poursuivie par le furieux à l’Opinel.

 

Le Point-Air ayant ouvert une ligne Ouagadougou-Lyon à 275 euros, Christophe rentre par ce moyen.

 

12éme voiture : Une 404 break attendait Christophe, désespérant de voir un jour le soleil africain.

Arrivé à Adrar, repas chez Ramdann, puis il va faire les pleins, deux Français type zonards l’abordent,

Arrivé à Gao en fin d’après-midi, tous les gosses autour du commissariat l’appelle par son prénom, Mambi est heureusement surpris, et content de le voir en bonne santé car un bruit court, que lors de sa dernière descente, il a passé l’arme à gauche ;

Ayorou, c'est la Tabaski (fête (au sens propre) du mouton), il y a un bordel terrible, car se déroule en même temps le grand marché annuel aux bovins,

Avant Niamey, Christophe voit des Allemands en rade sur le bord de la route, leur 504 refuse de fonctionner, Christophe les dépanne.

Au Bénin, les Allemands ne l’ayant pas lâché, ruiné, il décide de les taper, paie une tournée, une des petites serveuses lui désigne discrètement un couple de jeunes Français au fond du restaurant, et lui dit qu’ils n’ont pas mangé depuis deux jours, qu’ils sont plantés et attendent un mandat de France.

Christophe va leur demander si c’est vrai, « Oui », il retape ses Allemands, et leur paie à bouffer.

Il leur propose de les transporter à l'œil et leur tape de l’oseille reçu de France pour apurer sa dette auprès des Teutons.

 

A Cotonou, ils échangent leurs adresses pour que Christophe puisse les rembourser, devant faire un business d’or, ils promettent de se tenir au courant des trouvailles automobiles une fois revenus en France, afin de descendre ensemble.

 

Au Bénin palace, quelques copains et Basile sont heureux de le revoir, la rumeur qu’il a claboté s’est vraiment répandue tous azimuts.

 

Lomé/Dapaong, frontière Togo/Haute-Volta, le Point-Air, Lyon.

13éme voiture : Une 404 plateau plutôt fatiguée, chère (600€), mais Christophe se saigne, car ce genre d’utilitaire, assez rare, trouve toujours preneur à bon prix en Afrique.

Les jeunots le rejoignent en Dordogne, mais ne peuvent pas attendre 2 heures pour que Christophe puisse dire au revoir à sa copine qui arrive de Bordeaux.

Chez Ramdann, les « copains » sont passés la veille et ne l’ont pas attendu.

Quelques dizaines de kilomètres après Anèfis, Christophe voit dans le rétro l’horizon s'obscurcir rapidement, c’est un vent de sable qui englouti la voiture, il dure trois heures.

Une centaine de kilomètres avant Gao, les bielles commencent à claquer, Christophe essaie de ne pas trop tirer sur le moteur, mais il arrive l’embiellage démoli.

 

Passage au commissariat, puis direction le camping de Gerry.

Le lendemain, Sadou l’aveugle, déjà au courant de ses avatars, passe voir Christophe; il a un client à 1.000.000 de francs maliens (1500€) nets pour lui, Sadou a la réputation d’avoir négocié des affaires sans que les services économiques n’aient fait d’embrouilles, il dit banco, une heure plus tard, l’affaire est pliée, il est payé à peu près moitié en CFA, moitié en francs maliens.

Bien que n’ayant pas revu ses futurs associés, il décide d’aller au Nigéria pour éclaircir la situation.

Après les y avoir retrouvés, il est évident qu’ils n’ont rien à faire ensemble.

A Lomé, Christophe va voir les hadjs qui achètent de l’or aux ghanéens pour tâter le terrain de ce côté.

Au bout de trois jours sans résultats, il commence à douter sérieusement qu’ils puissent faire affaire, il demande à son type combien il vendrait le gramme d’or s’il lui en arrivait, l’autre lui répond 4.000 CFA (12€), il fait le calcul : le lingot de 1 Kg d’or pur, estampillé par la Banque de France se négocie officiellement entre 10500 et 12000€ dans une banque française, il comprend qu’il a perdu son temps.

 

Avion Ouagadougou-Lyon, train Lyon-Bergerac, micheline Bergerac-Couze et Saint Front..

 

14éme voiture : Une 404 ancien modèle en bon état.

                          L’huile du moteur est propre, Christophe ne fait pas la vidange, prend quelques outils, une roue de secours supplémentaire, et pour vendre, un moteur qu’il avait enlevé d’une 404 précédente à cause d’une soupape cramée, plus un fut de 200 litres.

Foum-el-Kheneg en Algérie, un oued (cours d’eau) d’une quinzaine de mètres de large coupe la route, deux scrapers bossent sur le site, ils le font traverser en le tractant.

Borj Moktar,Tessalit, 30 ou 40 bornes avant Aguelhok, nouvel oued, mais pas de passeurs, 8 à 9 mètres à traverser, et visiblement, aucun détour possible ! Christophe prend 30 mètres d’élan et passe en aquaplaning dans une vague énorme.

Le paysage est submergé, l'Adrar des Iforas est complètement noyé,

Agali est intéressé par le moteur, mais si Christophe peut lui faire un prix, il serait content, il lui fait un rabais de 45€, qui lui convient, il le paiera à Anéfis, ils se serrent la main pour sceller l’accord, tribulation avec un algérien qui briguait le moteur.

Quarante kilomètres avant Gao, Christophe s’arrête prospecter le site préhistorique, ramasse quelques tessons de poteries, morceaux de haches cassées, soudain, il aperçoit un bout de pointe de lance de silex taillée en feuille de laurier à moitié enfouie, il va voir de plus près, en priant qu’elle soit entière, il la tire d’un coup sec, elle est intacte, quel pied !!!!!

Ousmane passe chez Gerry et demande à Christophe combien il vend sa 404, il lui répond 1450€, Ousmane lui en propose une autre «nouveau modèle, trois compteurs» pour 600€ Christophe prend une option dessus.

Bohicon, Christophe, à la pêche de client, s'arrête boire une Bonne Béninoise au restau surplombant la route venant du Nord et allant à Cotonou, deux blacks un peu louches le branchent, ils disent connaître en brousse des villageois qui cherchent à acheter en commun une voiture à 500.000 f C.F.A pour emmener les fruits et légumes au marché, ils veulent 50.000 pour eux, banco. Ils font affaire dans l’heure qui suit…

Christophe attend à la douane du Niger un transport qui l’avancerait sur Gao, en fin d’après-midi, un Berliet délabré dont la caisse a été élargie et rallongée passe, lui et le chauffeur tombent d’accord sur le prix de son passage : 15€

Gao, le lendemain soir, Christophe passe saluer Mambi, puis va poser ses pénates chez Gerry.

Le lendemain matin, il retourne discuter avec le père Ousmane, il le trouve dans sa cour, affalé dans un fauteuil défoncé ; bien sûr, il n’a rien fait sur la voiture, sans lever son gros cul, il lui dit de chercher ce dont il a besoin en pièces détachées dans son souk. Les phares rouillés, les sièges explosés, batterie, il charge tout ce dont il a besoin ; au moment de faire les papiers, Ousmane lui demande à pouvoir garder la carte grise malienne dont les droits de douanes sont acquittés (ce qui lui permettra d’en malienniser une autre d’un coup de peinture sur les plaques), Christophe répond que s’il lui trouve une carte grise française du modèle de voiture correspondant ça ne pose pas de problème (pour tout dire, ça l’arrange, car les voitures africaines n’ont pas la cote).

Gao-Niamey avec les bielles qui claquent, réfection entière du moteur dans la journée, départ vers Cotonou le soir même.

Buvant un coup au Bénin palace avec deux Français, Christophe leur parle d'un projet qu’il mijote depuis quelques temps, aller acheter des diamants au Ghana, ils lui disent qu'ils iraient bien goûter l'herbe ghanéenne, un autre y est déjà allé et y retournerait bien, çà ne lui plaît pas trop car il est radin comme un pou, mais il n’a pas le cœur à le rembarrer.

Au passage de la douane, on leur tamponne tous les objets, savons compris.

Embrouille avec l’essence que l’on ne peut se procurer qu’avec des tickets de rationnement.

Dans l'après-midi, ils arrivent à Elmina, carrefour de l’or, puis du trafic d’esclaves à partir du 15ème siècle, deux jumeaux y construisent un voilier.

A sa demande, un pêcheur peut lui fournir des langoustes cuites d'une quarantaine de centimètres tous les jours.

Ils vont visiter le fort qui vaut la peine d’en monter la pente abrupte ; il est en parfait état de conservation.

Quatre jours passent, Christophe se dit qu’il est temps de réaliser son plan diams ; prenant le taureau par les cornes, il va se balader en ville, s’arrêtant au marché, il voit un type habillé en chemise et pantalon, ce, à contrario des autres gens vêtus à l’indigène, il se dit qu'il doit parler anglais, il l'aborde sous prétexte de lui demander s'il sait où l'on peut acheter de la lessive, (denrée contingentée, rarissime, vendue sous le manteau), ce sera son test pour embrayer sur le but de son voyage ; l’autre le guide dans l’arrière d’une petite boutique en bois, il l'étudie pendant qu'il traite l'affaire, il a l'air de prendre soin de ses intérêts. Christophe se décide et lui dit le but de sa présence ici, l’autre lui répond qu’il est tombé sur la bonne personne car son cousin est mineur en diamants.

 

Après un petit topo sur la façon de passer les barrages protégeant les mines, ils vont à la station de taxis brousse, montent à l'arrière d'une 404 plateau déjà bourrée, le taxi roule un bon moment en brousse, de temps à autre Christophe aperçoit d'énormes pirogues sur le côté de la route attendant leur transfert vers la mer ; soudain, son guide lui dit que c’est le moment de passer sous le banc, il parle rapidement aux mamas qui s’écartent, et cachent Christophe sous leurs boubous, il devient invisible, la voiture s'arrête, petite palabre, ils repartent, son guide lui dit de ne pas bouger, deux kilomètres plus loin rebelote, puis son coach l’avertit qu’il peut réapparaître, Christophe remercie à la ronde, visiblement l'épisode a amusé tout le monde, une demi-heure après, arrêt, ils sont les seuls à descendre, un signe de la main pour adieux, on lui répond de même avec bonhommie.

 

Au bout d'un long moment, les mineurs, prévenus commencent à se pointer à une petite cabane où Christophe et son guide les attendaient, Christophe s’est assis sur un banc, la table devant lui ; chacun des mineurs lui propose un petit lot de diamants dans un papier plié d’une façon spécifique ; ils sont de toutes formes, toutes couleurs, n’en ayant jamais vu auparavant, ils pourraient lui refiler des éclats de pare-brise, Christophe n'y verrait que du feu, au début il fait des contre-propositions trop basses, et les types repartent sans insister, pas contrariés, les Ghanéens sont vraiment cools ! Puis il prend le rythme, il baisse un peu le prix proposé, empoche le lot, et paie le vendeur en ponctionnant son tas de billets posés sur la table.

 

Les transactions se sont faites relativement vite, le dernier mineur passé, Christophe a claqué une très grande partie de mes cedis. Retour et adieux émus à son guide.

Reste le problème de l'essence, Christophe en parle à la demie partie de la paire de jumeaux, qui l’informe : « ici, il n'y a que du mélange pour moteur hors bord à 5% d'huile deux temps », il dit que cela ira très bien ; demandant la participation de ses passagers il en achète 40 litres puis ils reprennent la route direction Lomé.

L’avion est à l’heure, Lyon.....

 

 

 

 

                                                                                                                           FIN

 

 

 

Aparté de l’auteur :

_C’était une époque géniale, je pouvais partir tranquille avec 2000 francs (300 euros), aller de France au Bénin avec seulement mon passeport, pas besoin de visas, dans des voitures coûtant trois francs six sous, je rencontrais des gens sympas, nos cuites étaient bercées par Bob Marley et consort (comme on dit en Afrique), des fois, ça coinçait un peu, mais en général, l’affaire s’arrangeait tranquillement.

Je referai d’autres voyages avec des Berliet, puis une 504, mais ces histoires sont moins drôles, une autre fois peut-être…

 

Enregistrement par Christophe Verna du scénario rédigé par
ses soins et du récit autobiographique de ses traversées de
Sahara vers le Bénin intitulé : YOVO, YOVO, BONSOIR......

 

International Standard Book Number (ISBN) :
978-2-7466-4166-2

 

1er enregistrement chez Copyright dépôt.com
http://www.copyrightdepot.com/rep30/00034393.htm

2ème enregistrement chez Copyright dépôt.com
http://www.copyrightdepot.com/cd49/00052622.htm

3ème enregistrement chez Copyright dépôt.com
http://www.copyrightdepot.com/cd50/00052750.htm

 

Dépôt au SACD

Titre de l'oeuvre Yovo, yovo, bonsoir
Numéro de dépôt 000042481
Fichier déposé yovo, yovo, bonsoir.7z
Catégorie Audiovisuel
Empreinte numérique SHA1 c4241a91bd46a732a6819daaf73d2b03d550f01e

 

Contact : Christophe Verna

verna@free.fr           : 06.14.04.94.14

 

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